Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

T O H U B O H U

Publicité
11 mars 2026

MÉCANIQUE CHAISE


 


 

Je n’ai rien à vous dire.


 

Je n'ai rien à déclarer.

Rien de rien. Non, rien de rien ( je chante )

Je pratique la politique de la chaise vide. La mécanique de la chaise vide ! Voilà ! A y est ! c’est fait ! Je n’ai plus rien à vous dire.


 

Sans mentir, je n’ai rien à vous dire.

Je suis vide, vidée, je suis vieille, je suis toute abîmée. Alors permettez moi de m’absenter, dites vous que j’hiberne, si vous voulez ! Je crâne alors aidez moi ! Je ne suis pas là. Pas là où vous croyez. Pas là. Palam palam palamLà ou ici. Ici ou là. Pas là, croyez moi. Ne faites donc pas semblant de ne pas comprendre ! C’est moi qui fais semblant. Semblant d’être là. Là où je ne suis pas justement... Oh, je ne suis pas ailleurs, d’ailleurs!

Ce que je veux dire c’est que je ne suis pas ailleurs, pas dans un autre endroit.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !

Je suis dans ma tête, dans mes souvenirs, dans mes rêvasseries, dans mes rancunes, dans mes belles choses, dans mes visions, dans mes drôles de sensations, dans mes tenues magnifiques où j’ai le ventre plat et je fais du patin à roulettes à glace en équilibre très vite en tournant, même pas fatiguée, et je mange de la glace à la châtaigne amincissante tant que je veux sans trembloter et je, chante… à tue-tête, sans dérailler… C’est très beau !...

Mais, ceci étant dit, là, sur cette chaise, il n’y a pas moi. Ce que vous voyez est une illusion, un robot, un fantôme. Une persona qui fait bien votre affaire aussi !… Non ?… Partenaire similaire ! Sur cette chaise, il n'y a pas moi. Laissez moi tranquille, je fais semblant de toutes façons !

Je souris, j'ai l'air de sourire. C'est tout faux.

Mon corps, là, ce n'est plus moi. Il fut un temps où, j’étais mon corps. Mon corps m’appartenait. Maintenant, il faut que je me le fade, ce corps, il faut tout le temps le réparer, maintenant, je ne SUIS plus mon corps, j’AI un corps. Il est sur cette chaise. Et je vous dis bien, je ne suis pas particulièrement dans un autre endroit, autre part. Pars ! Surtout ne te retourne pas !...


 

Votre appel a été mis en attente.


 

Pourquoi insistez vous ? Cessez donc d’appeler ! Ce que je vous répondrais n’aurait aucun sens, aucun ressenti… Puisque je m’évertue à vous dire que je suis un leurre. Mes mots sont usés, je ferais mieux de me taire, passagère étrangère, je erre, je suis fatiguée, je vous regarde passer, je suis spectatrice, j’observe, je me réjouis, je critique, je contemple, je me marre, moi, je me mar-monne même, je suis usée, désab-usée, je ne choisis plus, je ne maîtrise plus, je ne déteste plus… Ah si ! Si… quand même !… Pour le reste, je fais bonne figure, je sais faire, j’ai mon éducation, mon dressage, mes habitudes, ma manière…

Je ne dis rien d’autre… Moi, ce que j’en dis...


 

Je vous l’ai déjà dit : je n’ai rien à vous dire , !

Vous insistez… Vous me dérangez… moi ou mon avatar, c’est pareil,  ! Puisque je vous dis que je n’ai rien à déclarer… C’est tout dire ! Je suis en droit de vous insulter !… Je suis aigrie, moi, vous savez ! Je ne dis pas le contraire !...… Cessez !… Vous êtes des, moi je vous le dis, des orchidoclastes ! Voilà, c’est dit !

 

Publicité
19 mai 2025

RIDE TRETEAU

TRÉTEAU RIDE

Du fond de la salle, il avançait en titubant, les mains liées dans le dos, les jambes entravées aussi, encadré par deux sbires masqués. Voûté, massif, borgne, une tronche. Il avait peur ou il faisait peur, je ne sais plus. Ou pitié.

Son aura, c’était son odeur pestilentielle: un mélange de sueur, de terre, de pourri... Du foin sur la tête ou de la paille emmêlée avec des toiles d'araignées. S'était il un jour lavé les cheveux ? Lavé?

Portait il des vêtements? Une ternissure infinie ni grise ni marron, si vieille, si délavée, informe.

Il se dirigeait vers le tréteau qui l'attendait. Une scène. Les deux sbires le hissèrent. Il était le seul-en-scène.

Quand on lui a enlevé les cordes, sa posture resta la même: comme si une camisole de force l'engonçait, le comprimait, le retenait.

Au début, il marmonnait. Personne ne comprenait la bouillie de mots. Son parlé, ce bruit qu’il émettait avec véhémence, devint peu à peu plus compréhensible, ses borborygmes devinrent des gargouillements, un discours, une allocution, puis un plaidoyer. On entendait même maintenant des convictions soutenues. Sa trogne se familiarisait, on distinguait... une sorte d'humain ; Son museau, ses grosses lèvres, ses flétrissures du front, ses craquelures du cou, du menton, ses bajoues échauffées devenaient émouvantes. Des bruits visqueux sortaient de ses entrailles. Et il racontait : La Télé pour seule éducatrice, la Télé et aussi une maisonnette, une masure, un terrier dans les bois, la décharge municipale, la solitude. Toutes les portes lui étaient fermées. Non, l'école, ils ne l'avaient jamais récupéré, ils l'avaient laissé bien tranquille, peinard, seul, royalement seul, personne pour l’embêter, le contrarier, le guider, l'aimer.

Le juge affichait une mansuétude doucereuse, il lui faisait répéter. Gentiment. A plusieurs reprises. Puis renonça, s’impatienta et décida d’en finir.

_ Accusé, ce tribunal est là afin d’effacer toute la nuisance induite par votre simple existence. Vous le savez, vous risquez la peine de mort. Vous semez la panique, vous faites peur aux enfants et aussi aux grands. Vous nous inquiétez. Vous êtes DI-FFE-RENT.

_ A la question: " Quelle était la couleur du cheval blanc de Henri 4 ? " le prévenu a répondu : «  Blanc sale assurément « 

_ A la question; " Pourquoi y a t'il de l’être et non pas du néant? " le prévenu a répondu " Est ce que je sais, moi ? "

_ La cour appréciera !

_ A la question: " Ton thé t’a-t il ôté ta toux? ", le prévenu a affirmé qu'il toussait encore beaucoup. Il s’est ensuivi une quinte de toux interminable, insondable, mémorable entrecoupée d'éjections massives et gluantes qui n’ont pas lieu d’être dans un tribunal.

 

_ Mais, votre Honneur...tenta le pauvre bougre

_ Dites: "Monsieur le juge " tout simplement.

_ C'est ma maîtresse qui m'a dit de dire que ce n'était pas de ma faute à moi...

_ Oh! cessez de m'appeler "maîtresse " interrompit son avocate, agacée. Vous devez dire «  Maître «, on dit «  Maître « 

_ Oui, Monsieur le juge, mon client, ce malheureux que vous avez devant vous… et bla bla bla.. et re bla bla bla...

Car il avait une avocate. Elle faisait de belles bulles avec son chewing-gum, elle dessinait des jolis petits mickeys sur un papier, elle souriait parfois, son portable à l’oreille. Et elle lui soufflait  de temps en temps:

_ Allez ! Avouez ! Qu’on en finisse...

_ Maîtresse, dites le lui, vous, à ... Son Honneur, que j’y peux rien, que je suis né comme ça...

Effectivement, je pouvais supposer qu'il avait toujours été ce tas grotesque, vilain, puant.

Ils étaient venus en nombre assister à la cérémonie et des passants maintenant s’arrêtaient.

_ Accusé, vous êtes ici pour des raisons que la justice ne peut ignorer...

_ Je comprends pas...

_ L’ignorance n’est pas une excuse.

_ J’ai rien fait, moi !

_ L’acte d’accusation, d’ailleurs, ne repose pas sur des faits mais sur votre existence même. Aussi, sans délibération aucune, le jury vous déclare coupable. Coupable de vivre sans en avoir la compétence, la logique, la bienséance.

Sur le tréteau bancal, il se balançait d’avant en arrière, il respirait fort, il écoutait, il attendait, il subissait.

_ Accusé, pour tous ces motifs, vous êtes condamné à continuer à vivre tout le restant de votre vie et ce, jusqu’à ce que mort s’ensuive !

_ Silence ou je fais évacuer la salle !

_ Justice a été rendue. Amen…

 

Sur son tréteau, il se balançait toujours. Je crois qu’il souriait. Des larmes coulaient aussi sur ses rides crasseuses. De la morve. Des pets. Des trémulations. Des grognements. Un vagissement ? Un fumet putride s’éleva… ou peut-être était-ce un arôme suave ?

7 février 2025

ORAGE SANTE

ORAGE-SANTÉ

Ce matin, je me sens bizarre... toute chose... pas tout à fait comme d'habitude... Il y a eu un gros orage cette nuit, un très, très gros orage, une tempête et depuis…, oui, c’est depuis.

Depuis, je veux boire dans les flaques d’eau boueuses !

Depuis, j’ai une furieuse envie de grignoter des insectes qui bougent, qui piquent… des gallinacés… à coquilles… ou pas... bien vivants… qui remuent bien...

Depuis, j’ai, vous allez rire, une » folle envie de restes de coquilles de moules broyées... très finement…

C'est ça: pas vraiment moi-même. Le changement climatique ? Ça doit jouer sur nos métabolismes, c’est possible…

<<Maman ? t'es où ?>>

Je suis, je suis... là où je suis... deux minutes!... je suis en train de m’examiner... Je me considère, je me re-considère... Je me regarde le nombril… enfin… le nombril Je réfléchis... je m'auto-explore, je m’introspecte …, je farfouille... je farfouille dans les graviers de la cour… Parfaitement !. Je suis dans ma cour et je farfouille dans les graviers... avec... les autres... Elles le font toutes. Et je cherche… Je suis libre tout de même!... Je ne fais rien de mal !... Je cherche les grains de riz que j’ai balancés hier soir quand j’ai débarrassé la table... Miam!

<<Maman-an-an... T'es où ?>>


 

Dans ma chemise!... C'est vrai, en plus. Je suis en train de piétiner mon chemisier, le joli, celui de mon anniversaire... Enfin, piétiner n'est pas le mot, bon, admettons !. C’est sur mon jean maintenant que je marche, enfin !… je marche... j'égratigne, je déchiquette, je le ruine, mon jean préféré!... Ma culotte et mon soutien gorge sont en charpie, ils n'ont pas résisté à mes ongles longs, mes… griffes, quoi ! Bon, sérieux, elles sont où, ces brisures de riz que j'avais repérées... Peut être qu'hier, déjà, je me doutais…, je sentais… le désordre de l’anthropocène… peut être les avais-je jetées là en prévision... Rhaah !… cette volée de moineaux là bas... les goinfres!... qui viennent manger les miettes des …  Poussez vous !... Oui, on descend tous des dinosaures, certes, mais… C'est la loi du plus fort... Allez, on dégage !

Que c'est bon !… tout ce riz !… Oh lala, mon régime, mon régime !...

Et puis je me dandine, je me balance. Je ne suis pas comme ça d'habitude. C'est vrai, je suis plutôt modeste, effacée. Mais ce matin, je me dandine, je me pavane ; c’est possiblement un effet du dérèglement  ; j'ai vu qu'il reluquait quelqu'une ou l'autre et moi, en tant que petite nouvelle dans sa cour, j’estime que j'ai droit à un petit hommage ( il a mon consentement )... alors je me dandine, je roule des miches... enfin des miches... bon, admettons!

<<Maman-eu ! t'es où ?>>

Laissez moi ! Vous êtes grands maintenant... Vous n'avez pas besoin de moi pour déjeuner, vous habiller, prendre le car... moi, je vais juste tranquillement aller picorer ces jolies coquilles que je vois là, qui m'attirent... et puis… ouste, je vais m'habiller, retoucher mon brushing, me maquiller, mettre des chaussures… à mes pieds, préparer mon tupperware de midi et partir au travail. Oui, je vais me ressaisir, je vais prendre les choses en main... Ah! mes mains... Bon, admettons!

<<Ma-man... Ma-man!...>>

Mais taisez vous donc. Laissez moi m’analyser. Je suis dans la cour de la maison. Quoi de plus naturel ? Et... je vais aller m'habiller pour le boulot… mon petit haut kitchounet, ça ira très bien, j’ai réunion aujourd’hui, elles seront toutes là à se demander où j’ai pu dégoter cette merveille et je ne leur avouerai jamais que je l’ai eue aux soldes de la ressourcerie… Hi hi… M’habiller... avec des habits… Il ne fait pas froid... Je n’ai pas froid. Je suis très bien, moi... Dans mon duvet, bien doux, bien confortable, mon beau duvet douillet sur mes formes dodues et rebondies, avec mes belles plumes rousses qui mettent en valeur la vive curiosité de mes yeux qui pétillent, la distinction racée de mon bec aquilin, l’élégance de ma jolie crête cramoisie finement ciselée... Hallucination ! l’effondrement climatique commence à influer sur ma santé mentale... Au secours !... J'en parlerai jeudi à ma psy...

<< Maman! >>

Écoutez, mes chéris, il faudra vous y faire... Une maman poule, c’est pas interdit !, c'est bien, non ? c'est même recommandé ! C’est comme ça !… C'est ma vie nouvelle.

Qu'est ce que je vais faire? mais rien de plus que avant: je vais continuer à " être ", je vais picorer, me dandiner, pondre, je vais disputer un ver de terre à une consœur, je vais glousser et caqueter, faire la belle pour que le coq me saute.

À propos de coq, d'ailleurs, estimez vous contents que je n'en sois pas devenue un ... Ouh lala ! non, un coq ! mais quelle horreur ! Un coq sur ses ergots, fier, agressif, dominateur, qui se la pète, je n'aurais jamais pu... je n’aurais pas supporté : c'est trop différent, un coq, c'est trop étranger à mon être profond, non, laissons cela à d'autres. Vous imaginez un peu, vous vous réveillez un matin et à la place de Maman, un coq !… votre mère métamorphosée en coq !… n’importe quoi ! C’est impensable ! Absurde ! Du pur délire !

C'est long une vie, vous verrez !... c'est toujours un peu pareil, la vie : on commence avec quelques recherches, quelques aventures, des découvertes, des révélations même et puis, la vie, on en a fait le tour ; la vie, au bout d’un moment, c’est la routine ; alors si on a l'opportunité de changer, d'expérimenter autre chose, autrement, moi, je dis " Super ! ", je bats des deux ailes et je dis : " Roule, ma poule ! " et "cot cot cot "


 

6 janvier 2025

crocodile gilet

 

23 janvier 2019

GILET CROCODILE

Je n'ouvre pas souvent la porte du placard de ma chambre ; c'est que souvent, pas tout le temps, il y a le crocodile.

Il me regarde avec ses yeux.

Ce matin, j'avais envie de dormir encore mais il faut se lever alors je me suis levé. J'ai mis mes chaussettes. Les pieds, les deux pieds, parce que par terre, ça fait froid et il ne faut pas marcher pieds nus.

Le bruit dans les tuyaux.

J'ai enfilé mes sous-vêtements posés sur la chaise, mais pas ceux d'hier, ceux d'hier il faut les mettre dans le sac bleu.

Quand c'est l'hiver, il faut mettre un pull. Je mets le gilet que maman m'a tricoté, il pique pas. La dame, elle dit " Oh, vous ressemblez à rien ".

Mais c'est pas rien ; c'est moi, en fait!

Elle dit que je fume trop. Aller pisser tranquillement.

Je mets la poudre de café, la poudre de sucre, la poudre de lait, l'eau chaude du robinet, je tourne avec la cuillère et le bruit, des fois, ça m'énerve ! Et aussi du beurre sur les biscottes, elles sont toutes cassées avec des morceaux parce que le beurre c'est trop dur ! Après je fume une petite cigarette sur la chaise pour me reposer et j'écoute la radio et je balaie et je fais mon lit et je me lave les dents et j'aère et je fume sur la chaise, j'attends et elle sonne et elle entre et des fois c'est l'autre et elle aère et des fois, je la connais pas, c'est une nouvelle, une stagiaire, et des fois, elle m'apporte un gâteau c'est gentil fallait pas !

Hier, elle a dit " Il faut changer d'heure " et je suis monté sur la chaise pour l'horloge pour changer les aiguilles de l'heure et elle a dit " Vous allez vous casser la figure " mais je ne veux pas du tout casser ma figure, je veux changer les aiguilles de l'horloge pour changer l'heure ! Et aussi elle dit " il faut manger des légumes frais pour la bonne santé et c'est pas bon pour la santé de manger des conserves " mais moi, j'aime bien quand même ! Je vais pisser.

Elle lave par terre avec le balai-brosse, elle dit " alors comment ça va aujourd'hui ", je dis " ça va ", je lève les pieds, elle parle tout le temps et c'est fatigant de la voir laver par terre, c'est fatigant et je fume une petite cigarette sur la chaise.

Il y a le bruit dans les tuyaux. Je l'entends.

Elle dit " Faut pas dormir avec votre gros oreiller, vous allez être bossu et vous ne pourrez jamais vous marier à une jolie petite femme sympa. "

Mais, moi, je n'aime pas tellement me marier !

Quand je vais chez le coiffeur, elle dit: " Vous avez une autre allure ".

Mais je n'aime pas tellement en avoir une autre !

Quelques fois le bruit dans les tuyaux, il est pas tellement fort.

Après, il recommence à être fort.

Elle ouvre la porte du placard de ma chambre, elle dit " Vous vous faites des idées, regardez ! Y'a rien du tout dans ce placard ".

Mais, forcément, c'est normal ; c'est quand y'a pas le crocodile qu'elle ouvre la porte du placard !

Je vais aussi chercher du pain quand ce n'est pas le dimanche et le mardi et des cigarettes quand ce n'est pas le dimanche et le lundi.

Avant de remonter l'escalier, il faut prendre le courrier.

Pas quand c'est le dimanche.

Le mercredi quand j'ai ma pension, elle dit " Vous n'allez pas y aller comme ça " et je mets un autre tee shirt et on va au Leader dans sa voiture. Même quand c'est une autre que je connais pas tellement. Elle dit " Vous n'allez pas sortir comme ça " et je mets un autre tee shirt et on va au Leader.

Au Leader, j'achète des choses pour mettre dans le caddy : des pâtes, du sopalin quand il n'y en a plus, des vaches qui rient, des raviolis, de la bière, tout ce qu'il faut, du savon rose qui sent bon.

Je fume une cigarette sur la chaise pendant qu'elle range les courses, elle dit qu'il ne faut pas manger que des conserves mais moi, j'aime bien ! Et puis je dis au revoir, à demain et puis j'attends l'heure de manger et puis je mange du cassoulet. Après, je vais dormir un peu, c'est les médicaments.

Il y a les jours où l'infirmière vient pour ma piqûre, c'est pour me calmer; elle souffle fort, elle dit " alors comment ça va depuis la dernière fois ? ", je dis " ça va " . Quelques fois, c'est pas la même. Elle aère.

J'écoute le bruit dans les tuyaux.

Aujourd'hui, la dame n'est pas venue et une autre non plus. Elle a dit au téléphone: " Je ne peux pas venir aujourd'hui, les gosses sont malades je suis coincée avec les jumeaux ". Elle a dit : " Ca va aller? ", j'ai dit : " Ca va "

... Coincée... Coincée avec les jumeaux...

Je regarde la TV si je veux ou bien je fume des cigarettes ou je regarde par la fenêtre les voitures sur le parking.

J'ai compté les fourchettes.

Même celles en plastique qui cassent.

Après, j'ai compté les petites cuillères.

Après, j'ai compté les grosses cuillères.

J'ai compté les olives sur la toile cirée et les carreaux, par terre, les bleus, pas les blancs.

Des blancs, y'en a moins !

Après c'est le soir.

Je prends les médicaments, c'est pour dormir.

Je mange du cassoulet.

J'attends un peu tranquillement, je fume une cigarette sur la chaise, j'attends l'heure de dormir, il ne faut pas oublier d'éteindre dans la cuisine.

Elle dit : "C'est dangereux de fumer au lit ".

Demain, ce sera le matin

25 novembre 2024

_ Tu te souviens de notre première fois?... Là, dans le petit bois ?... prés du ruisseau... ?

_ Oui... Oui...

_ Je voulais etre la plus belle pour aller danser, tu te souviens de ma marinière?

_ ... Euh...

_ J'avais mon tee shirt marin à rayures bleues et blanches... Tu t'amusais à les compter... Il faisait un peu froid, on s'en fichait...

_ ... Euh...

_ Et la fois où les promeneurs nous ont surpris, en Corse dans le maquis, sous le soleil?...On était genés mais on cranait: " tralala nous on est amoureu-eux! "

_ Ca ne m'a pas marqué...

_ Et cette infection! Le médecin, le traitement antibiotique... Et fallait pas baiser et on baisait quand meme!...

_ Sans doute

_ Tu me disais que tu n'arrivais pas à travailler tant tu te remémorais les scènes chaudes

_ Oui, oui... C'est loin...

_ Et pendant que ta femme pensait que tu étais en stage ... Et elle trouvait que ca te fatiguait ces stages !

_ Me rappelle plus...

_ Et la moquette en synthétique au boulot! Ouh j'avais eu le dos tout brulé!

_ Oh ma pauvre!

_ Et ce gite, à la montagne... les voisins qui tapaient sur la cloison... On faisait trop de bruit, on rigolait on continuait...

_ Pas gentil

_ Et dans la voiture tard le soir, fallait pas qu'on nous voie et la voiture qui bougeait...

_ Peut etre

_ Et la fois avec la copine, on avait bien bu quand meme?...

_ Oui oui... Vaguement...

_ Ah retrouver tes baisers...

_ Avec mes fausses dents...

_ Dis moi que tu me désires encore...

_ Avec ma prostate...

_ Oh la vie était belle, l'avenir prometteur, on était jeunes, on pétait le feu on recommençait

_ On était inconscients oui. La jeunesse est dernière nous, la santé n'est plus une rigolade et les maux de dos nous décourageraient meme de ... et aussi on n'avait pas idée de l'état de la planéte... Non, c'est bientot fini...

 

Ainsi va la vie

et tutti quanti

et puis on est vieux

et puis on gémit

et puis c'est fini_ Tu te souviens de notre première fois?... Là, dans le petit bois ?... prés du ruisseau... ?

_ Oui... Oui...


 

 


 

 

 

Publicité
25 novembre 2024

POMPON ATELIER


 

MAIS OU EST DONC LE BONHEUR ?


 

( Le mari conduit, les gosses sont derrière )

_ Les enfants, ça suffit ! Cyril ! Arrête d’embêter tes sœurs! On n’ est déjà pas en avance... Y sont pénibles! ... Si on veut éviter l'heure d'affluence...

_ Les châteaux de la Loire, vous devriez être contents, vous pourrez en parler en classe. Moi, je les avais déjà vus, c'était surtout pour vous...

_ Mais double le! Ça fait 20 min qu'il t’empêche de doubler. Allez manifeste toi! Te laisse pas faire! A cette allure, on n'est pas rendus!... Moi, je t’assure que si j’avais le volant… Non, je n’ai pas du tout envie de conduire je dis juste que... mais… Hervé, mon ex, fallait voir, en voiture, fallait pas l’embêter… Enfin, c’était pas non plus une voiture qui se traîne...

_ Les enfants, qu'est ce que j'ai dit? Mais dis leur!, gronde les, j'en ai marre de faire toujours la méchante! Faites des enfants !...

_ Oh tu pouvais pas y penser avant. J'avais dit de faire pipi avant mais évidement, Maman, elle dit mais on s'en fiche et puis voilà!... On est sur l'autoroute, difficile de s’arrêter... Pouhhh, ces gamins... Retiens toi!

_ Lili, ton cahier de dessins , mais il est là où tu l'as mis... regarde sur la plage arrière... Et bien, cherche, sous les pulls, si,si, c'est moi qui l'ai mis, d'ailleurs... Si j'étais pas là !...Mais ça va te donner mal au cœur de dessiner !…

_ Vous voulez pas arrêter de rire, de ricaner… Vous savez même pas pourquoi vous riez...

_ Non, il va pas pleuvoir?... c'est le bouquet! Et puis, évidement, personne n'a pensé aux impers... Pas un. Si on s’arrête, on va se tremper et mouiller toute la voiture. Faut toujours que ce soit moi qui pense à tout. J'ai même pas de vie à moi, je suis votre esclave... Marre...

_ Dire que j'aurais pu aller ce we tranquillement à mon atelier de Ikebana... Moi, c'est pour vous, vous savez...

_ Cyril, rends lui son doudou!

_ Non, on attend 4 h. Vous n'aviez qu'à déjeuner comme il faut; Pouhhh.. Estimez vous heureux que j'ai pensé à prendre le goûter. Si je n'étais pas là!...

_ Arrêtez un peu, on ne s'entend pas, c'est dangereux de crier en voiture... Pour le conducteur... Mais dis leur, toi!... Y a que moi!...

_ Pendant ce temps, elles montent leur bouquet, tranquilles... Surtout, cette fois, il y avait la présence d'un maître japonais... Son enseignement !… Enfin... Et dire que j'aurais pu apporter du muguet... Non, la prochaine fois, au prochain cours, ce sera trop tard, il sera fané. Et puis y’aura plus le maître zen… Enfin... c'est la vie... c'est comme ça... Et voilà il pleut !

_ J'ai dit: " On attend 4 h "

_ D'ailleurs à propos de muguet, pour la Saint Valentin,tu me refais pas le coup de l'année dernière... Du muguet, j'en ai plein le jardin, alors…

_ Oh non ! Tu vas pas nous mettre encore les infos ! C’est la barbe ! C’est stressant !

_ Ma copine Anne, elle, pour la Saint Valentin, elle était allée avec son mec , en amoureux, en Italie… Ils ont eu beau temps, c’est sur...

_ Arrêtez maintenant... Pierre, dis leur!...!J'aurais du prendre les consoles, on aurait eu la paix... Mais tous ces écrans en permanence... Vous me remercierez plus tard... C'est pour vous

_ Ma copine Lucie, la veinarde, elle s’est fait un bon petit week end thalasso, peinarde… Bon, célibataire, c’est pas pareil, tu fais ce que tu veux...

_ Non mais tu vas pas fumer dans la voiture, on va se cailler si tu ouvres... Pourquoi tu fumes, d’abord ?

_ J'ai ma copine Elsa, ils allaient voir la grotte Chauvet, eux! Ça m'a toujours tenté, j'aurais bien aimé... Moi, les châteaux de la Loire... Enfin, c'est pas pour moi, c'est pour vous!…

_ Ah non, éteignez moi cette musique, c’est un peu débile vos trucs, c’est nul !… Moi, ce que j’adorerais, ce serait un concert… de … chai pas… non mais pas ça en tous cas...

_ Mais arrête toi, tu vois bien , elle a mal au cœur, elle va vomir, trouve une aire! Si c'est comme l'autre fois... elle en avait mis de partout. Et qui c'est qui a nettoyé la voiture? Alors, merci! De toutes façons les taches ingrates, c'est toujours pour les femmes!... Oh Cyril, ça suffit, arrête de la remuer, c'est pas malin… Oh tu l’aides, tu l’aides... Pouhhhh... Y m'énervent!

_ Bon, ben on n'est pas rendus... Ça va faire arriver tard... Oui, oui, là, on va s’arrêter, il y a une aire... On va encore perdre du temps, je voulais me faire les ongles, me préparer pour la semaine...... Enfin, c'est comme ça... Dans une autre vie... Peut être...Peut être...

_ Au fait, les enfants vous avez fait les devoirs?

_ …

_ Ah c'est le pompon!

 

25 novembre 2024

COCOTTE PYJAMA
... D'abord, je ne trouve pas le CD " Perfect day " de Lou Reed et ça me
con-tra-rie... je ne sais plus où je l’ai posé et rien n'est facile, je sais bien,
j'ai pourtant l'habitude de me réveiller chaque jour, chaque matin... c'est
l'envie de pisser qui me donne le signal pour attaquer... j'ai l'habitude, j'ai
l'habitude de me réveiller le matin mais j'ai pas l'aisance, leur aisance…
comment font ils?... tous?...les autres?... les gens? "Just a perfect day ", pas
envie, pas envie de musique, pas envie de bruits... déjà que le frigo... et avec
l'évier en plus, qui goutte, qui n’arrête pas de goutter, c'est pas de ma faute,
on peut plus le fermer à fond... De ma chambre, c'est bien, je ne l'entends
pas... c'est pour ça que je ferme la porte, c'est pratique, je ne l'entends pas
de ma chambre, c'est bien...
J'y suis bien arrivé... j'ai fait bouillir l'eau... l'allume gaz est presque
tout vide mais j'y suis bien arrivé quand même... c'est plus long mais au
contact du gaz, ça marche... mon eau bout... il reste toujours un peu du truc
et quand ça ne s'allume plus, ça marche quand même... je sors les biscottes...
les bouts de biscottes... c'est pas de ma faute, elles sont tombées ch'sais
plus quand... je râle pour le pain, j'aurais du... je devrais... je pourrais... je
sors le beurre... mais il est trop dur, il ne s'étalera pas… M'énerve! toujours
trop dur: je ne le rentre pas dans le frigo, j'ai trop la flemme... il va fondre,
dégouliner, ça va salir la table, elle va être toute grasse, j'arriverai jamais à
nettoyer tout ça... et l'éponge, après... toute grasse... J'en aurai plein les
doigts, merci! ... j'opte pour le vieux pot de confiture qui traîne, collée,
sucrée, toute dure... j'aime pas trop la confiture... mouche qui me nargue, qui
m'énerve avec la confiture... une autre... elles sortent de la cocotte que j'ai
mise à tremper l'autre jour, j'aurais du la nettoyer, cette cocotte... l'autre
jour... mais ça m'a découragé c'est tout attaché, c'est pas de ma faute, ça a
trop cuit, il faudra le faire... mais, bon... En attendant, je fais tremper… Y'a
plus qu'un fond de café en poudre? je pensais... je sais j'aurais du en
racheter mais… De toutes façons, je m'en fous... pas grave... Je reste en
pyjama ou je m'habille? Je sais pas, j'hésite... Dans le fond, qu'est que ça
peut faire ? pantalon de ville ou pantalon de pyjama, c'est pareil, je vois pas
la différence... sauf si je sors! Si je sors en pyjama, oh ce serait drôle... ils
vont tous croire que c'est l'heure de dormir... Bon, on verra bien... si je
sors... auquel cas, je mettrai mon pantalon... Le jean, parce que l'autre, je sais
pas trop où il est... faudrait le chercher… le tee shirt, de toutes façons,
c'est bon... ça va... je le porte pas non plus depuis des semaines... J’ai des
chaussettes toutes prêtes sur l’étendoir, toutes sèches… si j’ai à sortir…
Oui, ça va et puis si ils sont pas contents, je leur ai rien demandé.
C'est mal barré, ça commence mal, la journée … avec ses incertitudes,
ses manquements, ses imperfections et ça continue mal. Moi, si c'est comme
ça, je sais ce que je vais faire, je vais rester tranquille, peinard à écouter «
Perfect day « et qu'on vienne pas m'emmerder!

25 novembre 2024

VENDANGE INTERRUPTEUR

VENDANGES INTERRUPTEUR

MAUVAISE NUIT

Je tourne, je me retourne, je n’y arrive pas, il fait trop chaud… trop… tout… J’en ai marre ! Demain matin je vais être comateuse, je DOIS dormir, IL-LE-FAUT ! Ferme les yeux… Ton corps est lourd, lourd… Endors toi...Dors ! Dors !...

Je tourne, me retourne, une place fraîche dans le lit, une nouvelle position ? Les bras sous la couette ? Par dessus?… Un bras sous l’oreiller peut être ? Si je descendais voir la TV ?... Quel programme à 2h du matin ? ou 3 h ? ou peut être 4 h, j’en sais rien moi, je ne sais pas, je ne sais plus... Me lever et descendre oui… mais… tout à l’heure…quand je suis descendue pour ma tisane… _ c’est encore un mythe ça, le coup de la tisane qui fait dormir _ eh bien j’ai fait comme si je ne la voyais pas, j’ai crânement avancé et… ça s’est très bien passé… Pour afficher mon insouciance même, je chantais : «  Nous les referons ensemble, nous les referons ensemble… « 

Bon, je vais faire pipi. Une dernière fois. Boire un coup. Et après, hop, dodo ! Je vais y aller… Me lever...Me changer les idées… J’y vais !… Je compte jusqu'à dix et hop, le VA-ET-VIENT en main, j'allume, j’éteins, j’allume, j’éteins... et... En fait, il faut vraiment que je reste un moment avec le ...VA-ET-VIENT dans la main… J’allume… j’éteins… ça l’énerve, ça la fatigue, au bout d’un moment, elle s'en va. Enfin… pas sur… Elle se méfie... Elle n’attend qu’une chose c’est que je me lève… Je l'entends respirer… Dans le placard… Ou derrière le meuble peu importe … Si je pose un pied par terre, elle va me l’attraper… Je le sais bien… Je l'entends respirer… Elle est sous le lit... Je compte jusqu'à dix, le va-et-vient, j’allume, j’éteins... et elle va partir … à force elle va partir...

Une place bien fraîche… Un grand bond dans le lit ( Il ne faudrait pas qu’elle me tire par la cheville ) … Hop, tiédeur de la couette...

Je tourne, me retourne… Je vais être fraîche, dispose demain, pfff !… N'importe quoi pour me changer les idées… pour qu'elle s’en aille… Ou au moins qu’elle me fiche la paix !… Je ne la provoque pas, moi. Si j'allume dans chaque pièce, elle comprendra bien qu’ elle ne me fait absolument pas peur. Mais je ne vais pas m’endormir toutes lumières allumées, c’est pas Versailles ! Ah ben non, l’électricité, ça n’existait pas ! Ils n’appuyaient pas sur un truc et la lumière était, non, les valets allumaient des bougies. C’est depuis quand l’électricité ? Mais on s’en fiche ! Pas d’écart ! Ne pas supposer, ne pas s’interroger… DODO ! Je pourrais chanter même pour la narguer " Nous les referons ensemble, nous les referons ensemble... »

Je tourne, je me retourne… Je ne pense à rien. C’est ça le secret : Le secret pour s’endormir, c’est de ne pas penser. Il ne faut pas penser. C'est tout. Et le sommeil vient… Naturellement. Ça vient tout seul, l'idée étant de ne pas penser; Ne pas attendre le sommeil, ne pas chercher à, laisser faire, laisser venir, tranquille, pas de stratégie… ne pas penser…

Je tourne… Je… J'ai pourtant dormi dans des dortoirs avec un concert œcuménique de ronflements variés, j'ai vécu maintes fois des décalages horaires, je sais que je peux dormir malgré des nuisances objectives. Alors ? Là ? Dans Mon lit familier dans Ma maison avec juste mes petits soucis ?… Chuuuut… Pas d’interrogations ...

J’ai un voisin- copain qui, lui, dort pendant la journée. La nuit, il peint. La nuit, pour être tranquille dit il. J’avoue que j’apprécie qu’il veille pendant que je dors. Il veille, il surveille, il monte la garde. « Dormez en paix, braves gens… « Ça me rassure… Peut être, j’y pense, peut être que je n'ai pas fermé la porte d'entrée... peut être... c’est pas sur... oh et puis qui voudrait entrer ?... Là, c’est de la parano, ma petite ! de la folie… Je ferais mieux de dormir hihi ! En même temps je me dis que ce serait plus facile pour la femme en noir, pour s'en aller... Oh de toutes façons, elle traverse les murs et puis je suis bien bête de me faire du souci pour elle !… Elle, qui n’a aucun égard pour moi...

Je tourne… Quel recours ? Que faire ? Il faut bien dormir, ça sert à ça la nuit : on recharge les piles pour pouvoir être présente et active dans la journée…

Bon, allez, je respire doucement, je me laisse aller dans les bras de Morphée… Dans les bras d'Hypnos plutôt… C'est quand même lui le dieu du sommeil, Morphée, c'est celui des rêves … C’est vrai, ça, pourquoi dit on les bras de Morphée alors ? Basta ! CHUUUUT… Ne pas raisonner, penser, ça va venir, il va venir le marchand de sable… J'avais peur quand on me parlait de lui, peur du sable dans les yeux, pas très sympa... chuuuut… les souvenirs d’enfance, chuuut... pas penser...

Les moutons, vaste blague ça aussi : Au début ça va, il sautent gentiment, tout mignons, bouclés, chacun son tour, proprets, avec un ruban rose autour du cou, ils sautent la barrière et je compte :37, 38, 3… A un moment, y en a toujours un qui refuse de sauter… Alors c’est la cata, l’embouteillage… Moi ça me contrarie, ça m’énerve, ça m’empêche de dormir, de reposer en paix

Non, je ne céderai pas à l’invite séductrice de Bigpharma, je ne céderai pas aux médicaments chimiques. J'ai bu ma tisane de mélisse. D'ailleurs, c'est ça qui me fait me relever; Pouhh, j'aime pas bien… Pas la tisane, c’est me relever que j’appréhende, me relever… C'est pas de sortir de la couette dans le froid, c'est de ne jamais savoir dans quelle coin de la pièce elle va se trouver… la dame en noir qui me regarde...

 

Je n’ai pas de jet lag, de décalage horaire… Hier, je suis sortie, j'ai pris l'air, j’ai fait de l’exercice, j’ai marché... Un peu. J’ai mangé léger, oui j’ai fini les bi choco qui traînaient, ils allaient se ramollir mais ce n’est pas si lourd, j'ai bu de la mélisse, je n'ai pas pris d'excitant, je n'ai pas regardé de film, je n'ai pas lu de thriller, j'ai mes petites préoccupations certes, comme tout le monde... ils dorment eux … Pourquoi ils y arrivent eux ? Chantonner? Why not? Une jolie chanson calme et après, hop, dodo " Nous les referons ensemble, nous les referons ensemble..." NOn, trop vif, c’est dynamique, ça réveille, c'est prometteur… Je vais quand même pas chanter " Fais dodo... c'est cucul ! Ou «  Au clair de la lune… «  Bon, j'attends… ça va venir… Ce que je crains si je chante trop fort, c’est sa réaction… On sait pas… C’est possible que ça lui déplaise...

 

PIONCER ROUPILLER HIBERNER Dormir comme une loir

Allez, cette fois…DO-DO… Napoléon ne dormait que 4 h, ce crâneur ! Moi j’ai absolument besoin de plus pour gagner mes Iéna, mes Austerlitz à moi; Chuuut ! Ne pas comparer… Laisse venir...

Je tourne… sur l'écran noir de mes nuits blanches... Ma nuit blanche, je préfère ma nuit noire. «  Noir c'est noir «  Chuuut je digresse là, c’est n’importe quoi !... C'est que je m'énerve, moi… Pas penser… A rien… Ne pas me laisser envahir par tout un tas de réflexions… de suggestions...

Tout laisser, abandonner, s'abandonner, lâcher prise…

Allez, dodo… Quel est le prix à payer ? Dites moi, j'y suis résignée, je veux bien payer le prix fort, je veux dormir QUOIQU’IL M’EN COÛTE

Dormir 100 ans comme la Belle au bois dormant ! 100 ans alors, d'emblée, je donne au prince _ même un prince moche _ qui viendra me réveiller, je lui donne mon consentement… pour le baiser... dormir 100 ans... 100 ans. Je le sais j'ai tout faux: je me bats, je lutte je ratiocine, je me raconte des trucs et des machins alors qu'il faudrait accepter. Et puis c’est différent ; elle, la Belle au bois dormant, c’était un mauvais sort ; Blanche neige, c'est pareil, elle avait croqué la pomme empoisonnée… Mais je veux bien moi… Dormir 100 ans, mon rêve… Ne pas arriver à dormir : mon cauchemar...

Re pipi, plus penser, à rien, pas réfléchir. Il n'y a personne. De toutes façons, elle ne me fait même pas peur; Elle me suit, elle est derrière moi quand je marche, je fais comme si de rien n'était … Allez , hop, je saute dans mon lit pour qu’elle ne m’attrape pas la cheville, je me recouche, j’appuie plusieurs fois sur le BOUTON POUSSOIR, j’allume, j’éteins, on ne sait jamais ça peut la chasser et, hop, dodo... Ne pas ressasser… Si je bouge beaucoup mes draps, si je les agite, elle s'enfuira peut être, si je lui chante, rien que pour elle : «  Nous les referons ensemble, nous les referons ensemble… « … Elle partira peut être... à tout jamais… Non, là, ma petite, ça s’appelle de la superstition…

Bon, dernière fois, je vais boire, pisser, me rafraîchir et après, DO-DO ! Donc, avec l’OLIVE en main, j’allume, j’éteins, j’allume…   Je crois que ça va la décourager… Peut être… J’allume, j’éteins, j’allume…

Elle est figée, debout, l’œil mort, de noir vêtue… elle avance, elle recule, sans bouger les jambes, comme sur des roulettes; Elle me regarde, elle me fixe… Si elle croit m'impressionner... Moi, je fais cooooomme si je ne la voyais pas, l'air de rien, je passe… je suis pas complètement débile non plus... Pfff... comme si elle n'existait pas avec son air là on ne sait pas ce qu'elle pense. Mieux vaut faire comme si de rien n'était… Elle a changé de place dans la pièce depuis tout à l’heure, elle croit que je ne l’ai pas remarqué… Je ne suis pas née de la dernière pluie non plus…


 


 


 

Demain matin, me lever et gémir: Pas fermé l’œil de la nuit !…

Non, elle serait trop contente

22 septembre 2024

22 septembre 2024

SOLILOQUE TOQUE

Publicité
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>
T O H U B O H U
Publicité
T   O   H   U     B   O   H   U
Publicité
Derniers commentaires
Publicité