UN ELAN
Anne, ma soeur Anne,
Soeurs humaines qui après nous vivez, n'ayez contre nous les coeurs endurcis. Entendez les balbutiements d'une qui voulait témoigner de moi, en l'état, en son siècle et qui partit en vadrouille pour transformer la fade réalité, la jubiler, la transcender, la faire sienne. Qu'à travers ma façon, vous soit offerte une vie virtuelle, une parmi d'autres ! ...
Je conte les essais, les tentatives, les atermoiements, les lâchetés, les fatigues, l'usure, les renoncements, les aveuglements, les tromperies. Mais aussi, bardée de cicatrices, je conte les joies, les prouesses, les vantardises, les fiertés. Sans vergogne, sans ostentation, sans trame, sans idéologie, sans filet, sans faux fuyant avoué, sans fuite. Je conte les extraordinaires péripéties d'une damoiselle en quête de sens qui ressemblerait à une damoiselle de n'importe quel temps, en n'importe quel lieu, qui jouerait à faire foisonner le réel.