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21 juillet 2009

JOUR DE PEINE

      Il distribua, comme d'habitude, à chacun une plume d'oie, puis des feuilles.
Et puis il s'envola. Dans le vent, le sirocco.

Bon, alors, elle aiguisa sa plume d'oied'oie, comme d'habitude.

Mais elle ne s'envolait pas. Dans le vent, le vent qui dessèche, le vent qui énerve, le vent qui fait semblant d'animer. Elle le reconnait, c'est le vent du désert des Tartares,  le vent des Enfers,  le vent vain. Il  remue les feuilles déjà sèches, il fait frémir, il fait craindre, il fait attendre. Mais il est stérile, il n'amènera rien.
Il en est un, celui qui s'en va, sifflant, soufflant, dans les grands sapins verts, vhouh ! Mais, là, ce n'est pas le même, c'est le vent qui continue malgré tout, quand tout est fini, c'est le vent qui a la goût de vomi, le vent qui te prend ton souffle, ta force, qui te fait croire que tout bouge encore. C'est le vent qui souffle sur rien, qui te fait croire que la vie vit. Il est interminable. Mais, après, ce sera fini. Elle le reconnait. Sa plume d'oied'oie est tarie. Et, en face, à côté, aussi, l'atelier d'éventails, l'atelier de peinture, l'atelier de lutherie étaient éteints. Rien ne fonctionnait plus cet été là. Les passants passaient, dans les voitures, les radios beuglaient, les jeunes frimaient, les feuilles déjà mortes roulaient avec les bouteilles en plastique et l'air séchait tout.

      Après, ce serait fini. Le tourment. Ca irait, ça irait. Ca ira, ça ira, ça ira. La plume d'oied'oie, c'était du vent. On étouffe ici.

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